09 septembre 2006

Les marronniers de Septembre

En cette rentrée, comme à son habitude, Le Nouvel Observateur et Capital ont sorti un numéro spécial sur l'immobilier Rhône-Alpins.

Pour Capital "La flambée touche à sa fin !". Quant au Nouvel Observateur, il nous dit "Où acheter quartier par quartier" :

Capital_N_180  NouvelObs_N_2181
Capital N°180
Septembre 2006
Nouvel Observateur n°2181
du 24 au 30 aoüt 2006

Malgré un titre prometteur pour Capital, le contenu est assez calqué sur le discours FNAIM c'est à dire que les prix stagnent mais qu'on se rassure tout va bien puisque "il risque de manquer 1 million de logements dans 10ans". Et puis pour Grenoble y a encore moins de risque car on nous ressort la pénurie de foncier, les ingénieurs et les cadres sup qui tirent le marché vers le haut, etc, etc... Et on nous indique gentiment où il faut acheter en faisant de "bonnes affaires".... Enfin bon tout s'explique lorsqu'à la fin de l'article on s'aperçoit que ceux qui ont participé (rédigé ?) à l'enquête sont des grandes enseignes immobilières :

CapitalAIs

Peut être que ces agences auraient pu transmettre à Capital le rapport de la FNAIM de l'Isère sur l'année 2005 dont j'ai parlé il y a quelques temps où il était clairement indiqué des baisses de prix dans certains coins du département. En tout cas être journaliste à Capital ça doit pas demander beaucoup de compétences si ce n'est de savoir trouver dans le botin les adresses des agences immobilières... Donc si vous êtes un pigeon encore plein d'illusions je vous conseille ce magazine qui va vous conforter dans votre choix de vous faire plumer en toute beauté.

Pour le Nouvel Obs, on a droit à un travail un peu plus poussé avec notamment un article sur une "surchauffe mondiale" dans lequel on commence même à nous relater la chute de l'immo aux Etats Unis... Enfin bon, n'allons pas si loin, revenons à Grenoble. Et là aussi, rien de très intéressant. A se demander si les journalistes du Nouvel Obs et de Capital n'ont pas rédigé leur article ensemble. Pourtant le sujet sur notre ville commençait bien :

"Après la flambée spectaculaire de 2005, l'immobilier semble avoir connu une légère décrue au premier semestre sur l'ensemble du bassin grenoblois. Les ventes se sont faites dans un climat frileux, selon les professionnels. "On peut même dire que le marché stagne. Nous avons désormais trop d'offres, et beaucoup moins de demandes", constate-t-on avec inquiétude à l'agence Immo de France."

"Cette renaissance coûteuse du marché du neuf pénalise les primo-accédants, les ménages à revenus modestes et - plus inquiétant, selon les professionnels - de plus en plus de ménages à revenu confortable. La conséquence est qu'à Grenoble, lentement mais sûrement, s'organise depuis quelques mois une résistance des acquéreurs contre le logement trop cher. Ayant vu leur pouvoir d'achat stagner, voire régresser, de nombreux cadres se trouvent dans l'incapacité d'acquérir un logement : "Beaucoup de nos clients préfèrent attendre pour acheter que les prix soient à nouveau abordables", constate le directeur d'Immo France."

Un peu plus loin dans l'article on cite l'exemple d'une acheteuse qui a failli se faire avoir en passant directement par un particulier mais qui heureusement "s'est rabattue in extremis sur une agence cotée de la capitale du Dauphiné". Enfin tout ceci semble être une pub déguisée pour les grandes enseignes. Donc malheureusement aucune analyse faite par les journalistes. Car lorsque l'on écrit que plus personne ne peut acheter, qu'il a plus d'offres que de demandes je me demande bien comment on peut dire que les prix peuvent encore monter !

Posté par baddarns à 12:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Les marronniers de Septembre

  • Dans l'Express aussi

    http://lexpress.fr/info/region/dossier/grenoble_isere/dossier.asp?ida=451088

    L'Express aussi a fait un dossier sur l'immobilier à Grenoble. D'après le journal Grenoble est la quatrième ville la plus chère de France pour se loger.

    Les agents immobiliers interrogés pensent tous à une stagnation des prix.
    Il n'y a que le notaire interrogé pour encore croire que les prix peuvent encore monter.

    Tous se défendent contre l'existence d'une bulle spéculative, et pourtant elle existe bien.

    La seule chose qu'on ne sait pas c'est quand et à quelle vitesse elle se dégonflera.

    Posté par koopa, 11 septembre 2006 à 09:32 | | Répondre
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